Soutien de la Fondation Adrienne et Pierre Sommer pour notre initiative de médiation animale

Date de publication : 23-10-2022

La Fondation Adrienne et Pierre Sommer s’engage depuis 50 ans pour la médiation animale par l’information, la recherche et le financement aux initiatives de terrain. C’est dans ce cadre que le projet de médiation animale déposé par notre équipe de la Sociothérapie du Service de Réhabilitation Psychosociale a été retenu. Nous sommes honorés de figurer parmi les initiatives financées en France par la Fondation. Cette subvention nous permettra la prise en charge d’un de nos deux groupes pour une durée de deux ans. Toute notre équipe tient à remercier la Fondation Adrienne et Pierre Sommer pour son soutien.

  • Zoom sur notre initiative de médiation animale

Nos séances se déroulent dans une ferme thérapeutique, à Venansault, tous les lundis après-midi, en présence d’une zoothérapeute, Fanette Giraudeau, et de deux soignantes du Service de Réhabilitation Psychosociale et d’Addictologie, Elise Sandron, ergothérapeute et Melanie Sauvetre, aide-soignante. Les animaux présents sur site sont les suivants : poules, oies, pigeons et tourterelles, moutons, cochons, poneys, alpagas, cochons d’Inde, lapins, furets, chiens. Cette médiation proposée sur l’Hôpital de Jour de la Sociothérapie, s’adresse à des personnes présentant, en lien avec leur pathologie, des troubles de la communication et de la perception. Elles ont en commun une problématique sociale (perturbation de la relation à l’autre, isolement social…). Les groupes sont constitués au maximum de 7 participants.

L’accompagnement de la Sociothérapie s’effectue sous la forme de soins médiatisés réalisés principalement à l’extérieur de l’hôpital, avec des partenariats extérieurs dans l’objectif d’un rétablissement et une inclusion sociale. Cet accompagnement dans les liens sociaux met en évidence la nécessité de travailler sur les émotions (émotions propres, émotions de l’autre), ses différentes manifestations et les ajustements possibles. Ce constat nous a naturellement amené à envisager l’animal comme médiateur de soin. Cette médiation permet une communication non verbale, et laisse place aux émotions, à la sensorialité tout en expérimentant des situations relationnelles.

  • Quels sont les bénéfices pour les personnes accompagnées ?

En créant un cadre favorable et stimulant, la médiation animale participe à l’estime de soi, au plaisir, au lâcher-prise. L’animal éprouve les mêmes émotions de base que l’homme. Ses réactions sont franches et directement en lien avec ses émotions : l’animal ne triche pas, ne masque pas, ne manipule pas (à noter néanmoins qu’il existe au sein du règne animal des comportements de simulation permettant d’obtenir un bénéfice de type nourriture, protection sociale…). Ses réactions non-verbales sont en adéquation avec les émotions qu’il ressent, et traduites en attitudes : repli, tremblements, excitation, agressivité…

Ces caractéristiques visibles permettent de travailler sur l’observation et le décodage, puis l’identification des émotions, et la verbalisation. L’expression est facilitée car l’animal vient faire tiers. Un ajustement du comportement de la personne qui a intégré l’information doit alors se mettre en œuvre : la relation est établie, sur les bases simplifiées de la communication humaine. A l’inverse les émotions, le comportement de la personne induisent une réaction d’adaptation chez l’animal, qui devient “miroir émotionnel” (notion de feed-back). Ces séances sont menées afin de favoriser la prise d’initiative et l’autonomie des personnes, les interactions groupales par le biais de temps de réflexion, d’élaboration et d’action communs, en groupe complet ou en binômes.

  • Avec quels animaux travaillez-vous ?

Pour la première partie de séance, un travail auprès des poules, des oies permet un engagement plutôt distancié. Leur observation comportementale et physique repose sur des critères simples. Les actions à accomplir sont ritualisées (nettoyer les bacs, changer l’eau, remplir les mangeoires), ce qui permet de favoriser rapidement une autonomie des patients sur le site, une transmission plus aisée dans les binômes constitués, et une valorisation de leurs capacités à agir. Le fonctionnement groupal de ces oiseaux permet une observation et une mise en mot autour des situations de conflit, des rapports de domination/soumission, de la présence de “médiateurs de conflit” au sein du groupe. La dimension de plaisir et de satisfaction est présente autour du bain des oies qui est un moment privilégié où les animaux montrent de manière expansive leur bien-être, ainsi qu’au moment du ramassage des œufs.

L’intervention auprès des cochons, moutons et/ou poneys prolonge ce travail avec une observation plus fine et une recherche de signes de bien-être plus approfondie. Le contact est possible mais demande du temps et l’instauration d’une relation de confiance, avec des animaux en capacité de manifester leur refus et de se mettre à distance, permettant de travailler sur les notions de dépendance/fusion, sur la place de l’autre, sur l’expression et la résolution de la peur, et sur l’adaptation et la gestion de ses émotions propres.

Le temps auprès des plus petits animaux (lapins, cochons d’Inde), ou des chiens permet ensuite d’être dans la sensorialité, le contact-plaisir direct avec l’animal. Il arrive sur la fin de séance car l’apaisement ainsi que la dépense physique procurés par les premiers temps de la séance permettent un meilleur ajustement au petit animal, qui n’est par définition pas en capacité de fuir et demande donc une observation fine de ses postures et réactions, et une adaptation opérante. La notion de dépendance, de capacité à se détacher, est particulièrement présente sur ce temps et notre accompagnement a pour but d’une part de permettre une prise de conscience de ces notions, d’autre part d’accompagner des changements, tout en étant garants du cadre et notamment concernant la sécurité et le bien-être animal.

Durant ces deux années, nous communiquerons autour des temps forts et des avancées de cette activité qui, grâce au soutien la Fondation Adrienne et Pierre Sommer, a pris une ampleur supplémentaire.

Mélanie Sauvetre, aide-soignante, Elise Sandron, ergothérapeute et Laure Moisan, cadre de santé de l’EPSM de Vendée Georges Mazurelle